17/12/2015

Pacifique et humaniste vs racistes et haineux

DSCF4274.JPGRÉCONFORTANTE ACTION CITOYENNE


« Ceux qui oublient le passé se condamnent à le recommencer. »

Tradition orale.

Août 2015. Comment rester insensible face à l’information diffusée par « France 24 » : « En 1914, 1,4 million de Belges fuyaient la barbarie allemande et devenaient des réfugiés, des migrants » ?
Information estivale d’une importance majeure au moment où des voix s’élevaient (déjà) contre l’accueil de gens fuyant la guerre à quelques centaines de kilomètres de la Belgique, certains se noyant lors de la traversée de la Méditerranée.

Le souvenir de proches (aujourd’hui fort âgés ou décédés) ayant vécu la même situation lors de l’exode à la Seconde Guerre Mondiale revint à mon esprit. Adolescents ou jeunes adultes, ils avaient trouvé un très humain accueil dans des familles du Cantal. Malheureusement, dans ma famille, tous n’eurent pas cette chance, si j’ose dire, et quatre personnes (une mère et ses trois jeunes enfants) périrent en une journée sous les bombardements. Ils n’avaient pas eu le temps de trouver refuge en France, ou ailleurs…

Septembre 2015. Ils sont exactement cent Syriens et Irakiens accueillis au Centre FEDASIL de Woluwe-Saint-Pierre et, malgré les épreuves endurées, leur sourire témoigne de leur gratitude.

0.JPGMi-septembre 2015. Des tonnes de vêtements, souliers, jouets (parfois neufs), du matériel scolaire, des langes… sont offerts à FEDASIL et c’est la Commune qui centralise ces dons, produits d’une extraordinaire mobilisation d’habitants.
8.JPGAu premier étage de la maison communale, le tri et le classement s’opèrent par quelques bénévoles durant une semaine complète. Ensuite, la distribution s’effectue et le surplus éventuellement dirigé vers d’autres centres d’accueil pour personnes précarisées.

DSCF4275.JPGFin 2015. Avec le recul, deux enseignements peuvent être tirés de cette action collective. Le premier est que, malgré des informations haineuses qui déferlèrent sur des réseaux dits sociaux avec des propos pouvant jeter la confusion dans les esprits et les bonnes volontés, la solidarité citoyenne fut remarquable et réconfortante en ces temps troublés.
Deuxièmement, il est à souligner qu’au-delà de toutes considérations philosophiques, religieuses, politiques (voire politiciennes), de très nombreux membres de la communauté sampétrusienne (habitants, sociétés, commerçants, élus et personnel communaux…) ont, implicitement, puis concrètement, adhéré à la citation d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) : « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. »

Certes, la tâche n’est pas terminée, mais cette générosité est une belle réplique (pacifique, humaniste) aux discours racistes et haineux. La Fraternité ne fut donc pas un vain concept et c’est réjouissant.

Pierre Guelff, auteur aux « Éditions Jourdan » et chroniqueur à « Fréquence Terre-Radio France Internationale »

13:42 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Un beau texte qui nous encourage à garder espoir, « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis. » malgré les affres de la vie. Merci pour ces mots qui coulent comme un réconfort, dans des moments de doute...

Écrit par : Jo Pegou | 17/12/2015

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Merci !

Écrit par : Guelff Pierre | 17/12/2015

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