14/12/2016

Résister c'est exister !

Mon article dans la revue de la "Morale Laïque" en cette fin 2016. 

                             Résister c’est exister !

 14570556_10210441589338265_4522645740834390470_o.jpgPetite par la taille, mais grande et intense par son impact sur les consciences. Telle peut être la définition de l’exposition itinérante « Triangle Rouge », organisée par « Territoires de la mémoire » et qui fit une halte à Woluwe-Saint-Pierre.

 

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À travers le carnet d’un journaliste témoin d’événements tragiques, cette exposition se présente en quatre phases bien précises et débute par ses propos : « Je ne veux pas me taire et enfouir tous ces souvenirs. Malgré tout ce que j’ai vécu, je reste confiant dans un avenir plus humain (…) Je ne  suis pas résigné, je résiste encore. »

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S’adressant directement au visiteur, il précise :

 

« C’est à toi maintenant. Tu peux refuser l’inacceptable et aujourd’hui, je te demande de ne jamais cesser d’être vigilant car tout peut à nouveau recommencer. Ta liberté est à ce prix. »

 

Alors, défilent des citations, de courts textes, des photos…, de la première étape de l’exposition : « La montée des fascismes ».

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Voici les Jeux Olympiques de 1936 à Berlin, là où Jesse Owens, sportif noir américain, remporte quatre médailles d’or. L’athlète a « ridiculisé » la « race supérieure ». C’en est trop pour « les nazis qui veulent une société uniforme d’esclaves dirigée par des maîtres : Ein Volk, Ein Reich, Ein Fürher ». La chasse est lancée aux juifs, socialistes, communistes, tziganes, témoins de Jéhovah, francs-maçons, « asociaux »… À chacun son étoile jaune, son triangle rouge, noir, bleu…

Le discours est entendu, entre autres, en Belgique auprès des sympathisants de Rex, Verdinaso, du VNV… aux saluts nazis, uniformes et milices paramilitaires qui prônent à leur tour cette chasse.

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La deuxième et la troisième étapes de l’exposition évoquent « La résistance à l’occupant » et « L’univers concentrationnaire » et, d’emblée, une citation rappelle, avec douleur, que beaucoup de gens jouèrent la politique de l’autruche face aux expéditions punitives et  rafles : « Quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour s’inquiéter… »

La Gestapo en Belgique, ce sont ses prisons et caves, ses déportations en masse de juifs, la caserne Dossin à Malines, les forts de Breendonk et de Huy, la citadelle de Liège, le 347 avenue Louise à Bruxelles…, quelque 17 000 membres de la Résistance seront victimes des nazis et de leurs sinistres collaborateurs belges.

 « Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers… » (Jean Ferrat), des millions même, qui périrent sur les fronts, à Auschwitz, Birkenau, Buchenwald…, dans des fours crématoires, dans des chambres à gaz, lors de marches forcées…

Et l’exposition se termine en nous rappelant, aussi, Staline, le Mur de Berlin, l’écrasement du Printemps de Prague, les Khmers rouges, la « révolution » culturelle de Mao, les colonels grecs, Franco, Salazar, Pinochet, des génocides, dont celui du Rwanda…

Tout cela, pour ne pas oublier ceux qui ont lutté (et luttent encore dans certains pays) pour ne plus vivre à genoux et refusèrent de le faire afin de garantir la Démocratie, notre liberté.

Cependant, le devoir de vigilance s’impose, avec ce corollaire universel et intemporel : « Résister c’est exister ! »

 

Pierre Guelff, auteur aux Éditions Jourdan et chroniqueur à « Fréquence Terre-Radio France Internationale »

 

 

 

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